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INTRODUCTION
L'expansion importante qu'a
connu l'agriculture oasienne durant les dernières décennies s'est
traduite par des modifications importantes dans le système de production
traditionnelle.
Dans les oasis traditionnelles, établies depuis des
siècles, la datte ne constitue pas la seule spéculation pour le phoeniciulteur, en effet la superficie extrêmement réduite ne dépassant
pas en moyenne un hectare, les risques d'une mauvaise année dattière (
pluies précoces d'automne , extrêmes températures de printemps et d'été
, faible demande, etc.) se traduisent par la recherche permanente de
l'intensification et la diversification des spéculations.
C'est ainsi
que toutes les oasis traditionnelles présentent aux moins trois
sous-étages constitués par: le palmier dattier , les espèces fruitières
et la culture maraîchère ou fourragère, en plus d'un élevage.
La
création de nouvelles palmeraies établies à partir des années soixante
et qui sont basées sur 1a monoculture de la variété Deglet Nour, sans
sous-étages fruitiers ou maraîchers et sans élevage, constitue un
exemple à méditer en effet, l'élimination des sous-étages et l'adoption
de faibles densités de palmier dattier par hectare c'est traduit par des
perturbations importantes au niveau de l'équilibre de l'agro écosystème
oasien.
Sur le plan ressources génétiques les oasis tunisiennes
hébergent un patrimoine génétique phoenicole très riche, en effet plus
de 250 variétés et clones ayant différents caractères agronomiques ont
été décrits dans le sud tunisien. Cependant, avec l'intensification de
l'agriculture oasienne qui se caractérise par l'expansion rapide de la
variété Deglet-Nour, on assiste à un abandon progressif des variétés
dites communes.
Un tel abandon risque de réduire significativement le
potentiel génétique phoenicole disponible d'une part et de soumettre la
variété Deglet-Nour à des pressions économiques et parasitaires de plus
en plus importantes d'autre part. Le Club de l'UNESCO à Tozeur soucieux
des risques que présentent de telles perturbations tant sur le plan
écologique, social et économique propose une ébauche pour y remédier
avec le concours des agriculteurs et les autorités compétentes. Les
objectifs retenus sont à assurer la pérennité de l'agriculture oasienne
en améliorant le système de production (instauration de la biodiversité)
dans les nouvelles oasis tunisiennes qui représentent actuellement
environ 60% de la surface totale des oasis . Protection des palmeraies
contre l'ensablement en installant des brises vents à base à de variétés
communes et de pollinisateurs de palmiers dattiers Sensibilisation et
mobilisation des collectivités locales Objectifs spécifiques
Amélioration du rapport variétés communes /Deglet Nour.
L'objectif du
projet et de passer de 2% (situation actuelle) à 15% (ajout de 20 pieds
par ha pour atteindre un effectif de 130/ha). Contribution à la
préservation in-situ des espèces fruitières autochtones et instauration
du microclimat oasien par l'introduction des espèces fruitières à raison
de 50 pieds/ha Sensibilisation et formation des responsables des GICs et
des agriculteurs concernés (ateliers , journées d'information) Bénéfices
Meilleure valorisation des ressources naturelles (eau, sol) Limitation
des risques de la désertification Amélioration de la qualité des dattes
Préservation in-situ des ressources génétiques Limitation des risques
des maladies Création d'un milieu favorable pour l'installation de la
faune et de la flore oasienne (oiseaux, reptiles, insectes, etc.)
Meilleure sécurité économique (diversification du revenu, revenu
échelonné sur toute l'année) Bénéficiaires Communauté agricole
(amélioration et diversification des revenus) Organisations nationales
de commerce (dattes de meilleures qualités) Tourisme (maintien du
paysage oasien) ONGs et AICs ( amélioration de la capacité de gestion )
Communauté internationale ( préservation du patrimoine génétique et de
la diversité biologique) Description des activités du projet et des
résultats attendus Le projet sera réalisé sous forme d'une opération
pilote dans une palmeraie conduite typiquement en monoculture.
Le projet
tirera des leçons et émettra des recommandations en vue de les diffuser
à d'autres oasis.
Approche participative faisant intervenir tous les
acteurs (agriculteurs, organisations professionnelles, services de
développement, de recherche et de formation, etc.) Durée du projet 39
mois (octobre 2002-Décembre 2005 ) Site pilote et agriculteurs cibles.
La zone d'intervention proposée est l'oasis de Mrah Lahouar, située à
mi-chemin entre TOZEUR et NAFTA. Cette oasis couvre une superficie de
239 ha plantée essentiellement de la variété Deglet Nour (21550 pieds)
sans sous-étages fruitiers ou maraîchers et sans élevage ; la densité de
plantation est d'environ 110 pieds à l'hectare (10 /10).
Les variétés
communes sont très rares et ne représentent que 2% de l'effectif total
(472 pieds principalement de la variété Kintichi). Les agriculteurs sont
des anciens employés de la société SODAD (ingénieurs, techniciens,
ouvriers spécialisés) et des jeunes agriculteurs (environ 95) ayant
bénéficié récemment d'un lot de terrain dans le cadre de la
privatisation des domaines agricoles de l'Etat.
On compte environ 187
agriculteurs vivant principalement du revenu agricole.
Tous les
exploitants sont membres d'une association collectif pour la gestion des
eaux d'irrigation. |